Comprendre le décalage
L’activité mobilise des ressources dans les stocks et les créances avant les encaissements. Elle bénéficie aussi de délais fournisseurs et d’autres dettes d’exploitation. BFRE = actifs circulants d’exploitation − dettes d’exploitation, selon le périmètre retenu. Il faut notamment identifier les créances et dettes fiscales et sociales pertinentes ; le modèle simplifié stock + clients − fournisseurs n’est pas exhaustif.
Une approche normative
Le BFRE normatif exprime le besoin moyen en jours de chiffre d’affaires HT. Chaque poste est décomposé en un délai d’écoulement et un coefficient de structure. Contribution du poste en jours de CA = délai × coefficient. On additionne les besoins et on soustrait les ressources. Montant prévisionnel = jours de BFRE × CA annuel HT / durée de référence.
Pour les clients, le délai porte sur des créances TTC ; le coefficient permet de relier le flux TTC au CA HT de référence. Pour les stocks et fournisseurs, les coûts ou achats pertinents diffèrent du CA. Les taux et hypothèses doivent donc être cohérents : multiplier tous les délais par le même montant produit une erreur.
Cas isolé
On donne des contributions déjà homogènes : stock 18 jours de CA, clients 36 jours, fournisseurs 24 jours et autres dettes d’exploitation 6 jours. BFRE normatif = 18 + 36 − 24 − 6 = 24 jours. Avec un CA HT de 720 000 € sur 360 jours, le besoin moyen est de 48 000 €.
Agir avec discernement
Une baisse du délai client libère de la trésorerie, mais peut nécessiter une meilleure facturation ou une relance adaptée. Réduire le stock ne doit pas provoquer des ruptures coûteuses. Allonger les délais fournisseurs peut dégrader la relation commerciale et doit respecter les règles applicables. Une prévision moyenne ne suffit pas en présence de forte saisonnalité.
La variation de BFRE est aussi importante que son niveau : la croissance peut consommer de la trésorerie même si les délais restent constants.